30.05.2024
30.05.2024
Les résultats issus des projets encouragés par le FNS trouvent des applications pratiques dans toutes les disciplines et jettent ainsi un pont entre science et société. Mais quelle forme cette relation prend-elle exactement ?
Quel potentiel d’innovation sociale les projets encouragés par le FNS recèlent-ils ? Telle est la question à laquelle le Centre pour l’innovation sociale de Vienne (Zentrum für Soziale Innovation – ZSI) se proposait de répondre à travers une étude réalisée sur mandat du FNS. Au total, ce sont ainsi plus de 360 bénéficiaires de subsides ayant bénéficié d’un financement dans le cadre de l’encouragement de projets à thème ouvert ou du programme Sinergia qui ont été interrogés sur le sujet à multiples facettes que constitue l’innovation sociale.
Ce concept s’avère par ailleurs complexe à appréhender et les avis divergent quant à sa signification exacte. Nous définirons ici brièvement les innovations sociales comme des nouveautés qui résultent de projets de recherche, trouvent une application dans la pratique et contribuent par conséquent directement à la résolution de questions et de problèmes de société. Il s’agit donc de résultats de recherche qui visent à apporter un bénéfice direct à la population, ou à exercer un effet immédiat sur le plan social.
Les projets socialement innovants visent à exercer un impact sur la société et le processus de recherche intègre souvent des personnes ne faisant pas partie du milieu académique. Dans le cadre de son projet, Silvestro Micera a échangé avec des personnes concernées, mais aussi avec du personnel hospitalier et des représentant·es de diverses entreprises. L’étude du ZSI s’est également penchée sur ces collaborations transdisciplinaires. Environ 27% des scientifiques interrogés ont indiqué avoir impliqué des institutions administratives, des structures sociales et éducatives ou des sociétés à différents degrés dans leurs travaux de recherche, et convié diverses personnes à participer à titre individuel à leurs projets. Si seuls 15% des scientifiques ont travaillé avec des ONG, 34% se sont tournés vers les médias – qui constituent le groupe extra-académique le plus important en termes de collaboration. Selon l’étude, ces différents acteurs ont le plus souvent joué un rôle consultatif. Il apparaît néanmoins que loin d’être sollicitées en fin de projet, ces participations interviennent fréquemment dès les toutes premières étapes.
Données : les chiffres utilisés pour élaborer le présent graphique ont été mis à disposition par le ZSI. Le graphique se réfère à la figure 7 (p. 25) de l’étude. Les catégories « only marginally » et « quite centrally » ont été regroupées sous « oui ».
La plupart des participant·es à l’étude ont indiqué que leurs résultats de recherche avaient principalement permis d’améliorer des processus, des produits ou des offres de service au bénéfice de la population générale. Pour environ 29% des bénéficiaires de subsides interrogés, les institutions administratives sont le lieu où ils sont valorisés, devant les entreprises (25%) et les structures sociales et éducatives qui représentent une proportion similaire. Parallèlement, 20% des chercheuses et chercheurs ont indiqué que leurs résultats de recherche avaient donné naissance à des innovations destinées à des groupes sociaux précis et 15% qu’ils étaient utilisés par des ONG.
Données : les chiffres utilisés pour élaborer le présent graphique ont été mis à disposition par le ZSI. Le graphique se réfère à la figure 17 (p. 55) de l’étude. Les catégories « 4-6 » et « 7-10…fully » ont été regroupées en une seule.
L’étude montre que les chercheuses et les chercheurs exploitent de nombreuses voies pour que leurs résultats acquièrent une certaine visibilité en dehors du monde scientifique et qu’ils soient accessibles au plus grand nombre. Non seulement des découvertes novatrices et intéressantes peuvent avoir des retombées dans le domaine public, mais les liens entre science et société s’en trouvent globalement renforcés. Cela permet ainsi de faire entrer la recherche dans la vie de nombreuses personnes. Le site Internet de leur institut constitue le principal canal de diffusion pour 79% des scientifiques. Un peu plus de 43% d’entre eux se tournent vers les médias traditionnels comme les journaux ou la télévision pour communiquer, et près de 37% privilégient les réseaux sociaux. Les manifestations destinées à un large public non académique permettent également à près de 40% des chercheuses et chercheurs de partager leurs résultats de recherche.
Données : les chiffres utilisés pour élaborer le présent graphique ont été reproduits sur base de l’étude du ZSI etse réfèrent au tableau 11 (p. 63) de l’étude.
« Social Innovation » - étude du ZSI
Actualité du FNS relative à l’étude « Social Innovation »
Les données, le texte et le code de ce récit de données sont disponibles sur Github et archivés sur Zenodo.
DOI: 10.46446/datastory.social-innovations